Tout Munch de Paris et de Londres dans un coffret

Au nombre des enregistrements de Charles Munch republiés par Warner Classics, les Trois complaintes du soldat de Jolivet, chantées par Pierre Bernac.

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Parution ainsi saluée par Maciej Chizynski dans Resmusica :
Voici enfin le coffret présentant l’ensemble des enregistrements signés par Charles Munch en Europe. Une somme impressionnante et grandiose, offrant aussi bien des œuvres pour orchestre que des concertos et des cantates.

City of light, chronique de Jacques Bonnaure

CITY OF LIGHT/ NEW DISCOVERIES

Le programme est varié et nous propose de « nouvelles découvertes » en musique française. Certes Ukuhamba kukufunda de Robert Fokkens (né en 1975) bien construite et inspirée par le minimalisme répétitif américain n’a curieusement rien à voir avec notre « City of light ». Pour le reste, nous ne sommes pas déçus puisque nous découvrons deux œuvres de Debussy que l’on ne connaissait que par les livres: le Prélude de l’Histoire de Tristan (1907) qui aurait dû précéder un drame lyrique jamais composé, et le ballet No-ja-li ou le Palais du silence (1914), également resté plus qu’inachevé. Dans les deux cas, le musicologue Robert Orledge a procuré une édition jouable de deux œuvres pas inintéressantes.

Les Poèmes intimes d’André Jolivet, eux, sont bien achevés et même doublement puisqu’en existent deux versions, avec piano ou orchestre, mais on ne saurait parler à leur propos de « new discovery ». La version pour piano a été enregistrée deux fois récemment par René Perler et Filippo Farinelli (Brilliant), et par François Le Roux et Olivier Godin (Passavant). De la version avec orchestre nous restent deux enregistrements, l’un par Gérard Souzay et André Girard, dès 1947 (Ina -mémoire Vive), l’autre, réalisé trente ans plus tard par Colette Herzog, dirigée par Alain Lombard (Erato).

Dans les Poèmes intimes, dédiés à son épouse Hilda pour le dixième anniversaire de leur mariage, Jolivet a mis en musique cinq textes lyriques et fervents de Louis Emié, un poète aujourd’hui assez oublié mais en rien négligeable. Composés pendant la Guerre, ils appartiennent à la même veine que les Trois Complaintes du soldat, de peu antérieures, ou la Suite liturgique. Jolivet y renonce provisoirement à la complexité des années d’avant-guerre pour laisser parler une sensibilité pudique dans un langage très accessible, avec un merveilleux sens prosodique et mélodique, qui inscrit ce recueil dans la lignée des Nuits d’été de Berlioz ou de Shéhérazade de Ravel.Cardiff University Symphony Orchestra and Chorus, dir. Mark Eager. Jeremy Huw Williams, baryton.

Jacques Bonnaure

(Prima Facie New Series PFNS005)

CD Cardiff U

Les Poèmes intimes d’André Jolivet

Parution du premier enregistrement des Poèmes intimes d’André Jolivet en Grande Bretagne, effectué par le baryton Jeremy Huw Williams accompagné par le « Cardiff University Symphony Orchestra », placé sous la direction de Mark Eager.

Ce nouveau CD, intitulé « CITY OF LIGHT : NEW DISCOVERIES comprend aussi de Claude Debussy : Prélude à l’Histoire de Tristan et No-ja-la ou le Palais du silence ainsi que Robert Fokkens : Ukuhamba kukufunda – To travel is to learn (texte lu par Stephen Walsh)

CD Cardiff U
Référence PFSNCD 005.

Mélodies et œuvres pour piano par François Le Roux et Olivier Godin : chronique par Jacques Bonnaure

Cette fois-ci, la chronique que nous offre Jacques Bonnaure  porte sur le CD de mélodies et œuvres pour piano par François Le Roux et Olivier Godin, publié par Passavant (PAS 1 18050)

« POEMES INTIMES ET AUTRES MELODIES

Sept ans après l’intégrale des mélodies de Jolivet réalisée par Sophie Marilley et Christian Immler, avec Filippo Farinelli au piano (Brilliant Classics), François Le Roux en a choisi les éléments les plus saillants de cette part assez négligée de son catalogue. Jolivet composa dès sa jeunesse deux brèves mélodies, Chewing Gum (poème de Claude Sernet) et La Mule de Lord Bolingbroke (Max Jacob) dans un style un peu cocasse et décalé (on était au temps du Groupe des Six et de l’Ecole d’Arcueil). Plus tard, il ne composera que des cycles. Les Trois Complaintes du soldat (1940) sur ses propres poèmes inspirés par son expérience de la guerre et de la défaite sont d’une expression directe et intense. Trois ans plus tard, il dédie à son épouse, pour le dixième anniversaire de leur mariage, les Poèmes intimes sur des textes de Louis Emié. Musique d’un lyrisme introverti mais ardent, elle est plus connue dans sa version avec orchestre mais le piano souligne mieux son intimisme. Après la guerre viendront presque simultanément les Trois Poème galants sur des poèmes des XVIe et XVIIe siècles où passe comme une ombre de néoclassicisme humoristique. En revanche, les quatre mélodies de Jardins d’hiver (poèmes de Georges Letilleul) reviennent à l’expression lyrique, dans un style musical très « sage » – Jolivet n’est décidément jamais où on l’attend et l’on peine à croire que ces pages soient contemporaines du bouillonnant et décapant Concerto pour piano. En guise d’intermède, on entendra cinq pièces pour piano. Deux sont assez développées, la Sarabande sur le nom d’Erik Satie (1925-1930) et surtout Sidi Ya-ya (1934) à l’harmonie post-impressionniste. Les trois autres sont de brévissimes danses (Fom bom bo, Algeria-Tango, Madia-Rumba) qui laissent entrevoir quel formidable auteur de musique de variété couvait (aussi) en lui.

Grand spécialiste de la mélodie française, François Le Roux inscrit ce nouveau domaine à son immense répertoire, finement secondé par Olivier Godin. Une substantielle notice rédigée par l’interprète accompagne le disque. »

 

 

François Le Roux et Olivier Godin : mélodies et œuvres pour piano de Jolivet

Chez Passavant, sous la référence : Passavant PAS 118050couverture_jolivet

François Le Roux et Olivier Godin se retrouvent dans un programme Jolivet :

– Poèmes intimes (1943 – 5 mélodies sur des poèmes de Louis Émié)
– Algeria – Tango (1934)
– Trois Complaintes du soldat (1940 – textes du compositeur)
– Fom bom bo (1935)
– Trois Poèmes galants (1951 – 2 poèmes du XVIe siècle & un du XVIIe)
– Sidi Ya-ya-prélude (1934)
– La Mule de Lord Bolingbroke (1928 – Max Jacob)
– Sarabande sur le nom d’Erik Satie (1925-1930)
– Chewing gum (1928 – Claude Sernet)
– Madia – Rumba (1935)
– Jardins d’hiver (1951 – 4 poèmes de Georges Lefilleul)

Le CD sera présenté lors du « Printemps de la mélodie » qui aura lieu à la Salle Cortot, 78 rue Cardinet, 75017 Paris, le dimanche 4 mars 2018 de 14 à 19h.